un jour, en plein hiver, des biens pensants ont jugé bon de mettre le feu aux roulottes des nomades qui les génaient.
C’était un homme dit de nulle part
Qui vient d’ailleurs, va n’importe où,
Un sans racine fier de n’avoir
Pas de collier autour du cou.
Là dans la neige et dans le froid
Il regardait sans rien comprendre
Où il avait laissé son toit
Il ne voyait plus que des cendres.
REFRAIN
Donne la main à ton voisin
Disait le père ce matin
Donne un peu de chaleur
Il ne faut pas en avoir peur.
Donne la main à ton voisin
Si cela ne va pas plus loin
Donne un peu de toi-même
Fais le quand même, fais le quand même.
C’était un homme dit de nulle part
Il était loin d’être de chez nous
Un qui s’arrête, un qui repart
Un qu’ici on n’aime pas beaucoup.
Le ciel était lourd de nuages
Le vent glacial faisait trembler
Les débris de son équipage
Qui se trouvaient éparpillés.
REFRAIN
C’était un homme dit du voyage
Il avait peu autant dire rien.
Mais pas beaucoup c’est davantage
Que rien du tout, c’était son bien.
Là dans la neige et dans le froid
Le vieil homme a pris en tremblant
Un bout ici et un bout là
C’était la croix de ses parents.
REFRAIN
C’était un homme dit du voyage
Non pas un chien nous qui avons
Vu son regard dans son visage
On a mal quand nous y pensons.
Les artisans de ce ménage
Cachés derrière leur bonne raison
Se moquent bien d’avoir le courage
De faire comme nous, lui dire pardon.
REFRAIN

